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Ors et velours d'écarlate pour ce gilet de courtisan.

Le rire grinçant du nain indique le mauvais chemin pour échapper au labyrinthe.

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Les 8 et 9 mai, nous serons aux fêtes de Gerbéviller. La météo promet une petite accalmie. Chaque année, le rendez-vous dans le parc du château est un événement très prisé. Parce qu’on y retrouve les meilleurs représentants de tout ce qui fait pousser, germer, fleurir… Parce que le jardin est un endroit magnifique… Parce que le bénéfice des entrées et des droits d’exposer va directement, modeste petite gouttelette d’eau, à la réfection du grand nymphée du parc. Un élément d’architecture que tous les Lorrains devraient être fiers de posséder sur leur terre. Il a été construit au XVIIe siècle et, apparemment, est suffisamment rare -et même unique dans sa conception avec son escalier d’eau-, pour que sa restauration devienne une priorité.

1er Mai mouillé à Nancy. C’était le lancement, dans le cadre de la fête des fleurs au parc Sainte-Marie, du 3e volume des jardins lorrains. « Un jardin en… Meurthe-et-Moselle a été copieusement baptisé.
Deux joyeuses journées malgré des pluies orageuses. Les jardiniers, indécrottables optimistes, se félicitaient de cet arrosage bienvenu pour leurs pousses. Les promeneurs optaient pour un ton plus mesuré mais courageusement bravaient le ciel, ses humeurs et ses pleurs.
Les jardiniers de la ville ont rempotés sans relâche des centaines de plants que les visiteurs leur tendaient, ont arrangé des centaines de bacs, alternance de couleurs et de feuillage, plantation en quinconce pour créer des effets de masse. Avec sourires et conseils en prime.
Patrick Blanchot, adjoint chargé de la nature à Nancy, a rebaptisé la maison alsacienne, souvenir de l’exposition universelle de 1909. Elle abrite des expositions liées à l’environnement et s’appelle dorénavant Maison de l’Espace vert. Allez voir, dans sa part arrière, les carrés créés par les écoliers.

La beauté des arum

Je n’aime guère cette fleur de fleuriste, cireuse et prétentieuse.

Pourtant, sa version en sauvageonne a du charme. Et une variété de feuillages à en faire pâmer d’aise Jacques Couturieux.

Quand, en automne, ils concurrencent par l’intensité orange de leur baies, les guirlandes des cynorhodons, je les aime encore.

Il y a juste un moment où je peste contre eux. C’est quand le pied est  bien installé dans les rosiers, que ma gouge fouille en vain la terre à la recherche de son bulbe. Si par bonheur je descende assez profondément pour le trouver, il apparaît, flanqué d’une famille si nombreuse qu’à tous les coups dix ou vingts oignons microscopiques m’ont échappé. Et reposeront, multiplié par dix, le problème au printemps prochain.

Malgré tout, ils sont bien beaux. Voilà la collection de ce printemps, trouvée le long du mur sud, au pied du noyer. Admirez les formes et les marbrures. Vous avez dit tenue de camouflage.

Ce sont des tubéreuses. Leurs feuilles sont sagittées, en forme d'embout de flèche.

C'est une pauvre plante, que nous devrions plaindre. J'ai lu dans un ouvrage bien renseigné que ses fleurs se plaisent mieux au soleil et son feuillage davantage à l'ombre. Comme beaucoup d'entre nous, elle doit toujours avoir envie d'être là où elle n'est pas…

… ou avec un léger balayage crème.

Version flèche à bout rond, comme pour les ciseaux d'enfants…

Avec une dédicace spéciale pour Margot, qui nous a offert ses lilas venus du jardins de Jean Hugo et passés par ceux de Clayeurs.

Le plaisir de se laisser mener par le bout du nez. Suivez les effluves que vent distribue dans le jardin.

Madame Lemoine ou Belle de Nancy. Un tout début de fleur pour cadrer l'envolée des cerisiers.

Comme un manchon qui contiendrait la vitalité des buissons, le buis garnit les pieds du laurier couronné tel un gâteau d'anniversaire et les bouquets du lilas rouge.

Le plus simple, celui qui résiste toujours dans les jardins anciens, juste avant le fond caché par les noisetiers où caquettent les poules.

Tout le contraire de la chanson. Mais de la joie autant. On va faire une petite promenade?

Je vous accompagne…

Les muscaris. On croyait les avoir perdus. Depuis deux ans, les petites fleurs bleues ne pointaient plus el bout de leur nez dans le champs. Nous avions craint que ce soit lié au départ des moutons et des ponneys des voisins qui n'enrichissaient plus le sol. Et puis, à Pâques, les cloches ou le lapin en ont semé de pleines volées. Denses, magnifiques, elles hissent leurs grains serrés au-dessus de l'herbe, l'émaillent de leur couleur profonde et un peu métallique. Pour peu, on se croirait au Texas devant un champs de blue bonnet. Janine et Wayne, là-bas, apprécieront.

Le champs en était bleu. J'ai fait venir les voisins pour l'admirer.

Et voilà, les cerisiers prennent le relai. Les boules blanches pomponnent gaiment les bout des branches.

Les vieux troncs retrouvent leur jeunesse, s'animent, babillent et se font beaux.

Le verger entier mousse de blanc et de verts acides, comme une envolée de plumes. La première hirondelle a passé l'inspection à Pâques. Pour quel verdict ? Nous le saurons plus tard, si ses consœurs viennent nicher dans la cour.

Les bords de la Vienne sont tellement doux que grand-père et petite fille rêvent de lâcher les amarres et de filer là-bas, au devant des beaux jours.

Pour devancer dans sa course la fleur du pommier. La plus parfait du jardin.

Les frémissements. Une feuille qui se déplie, une brouillard couleur mousse pour filtrer le soleil dans les branches des bouleaux. Le premier coussin de primevères et la première coupe de tulipe aussi translucide et soyeuses que les vases d’Emile Gallé.

Et tout à coup la folie, la danse, l’émerveillement des milliers de flocons, légers comme l’air, d’une fragilité d’un papier de soie japonais. Tout le jardin exulte, blanc et rosé, doré au début et à la fin du jour. Chacun se rêve des voyages au bout du monde jusqu’au fond du clos. L’air pétille d’envies et d’envols.

Quel bonheur!

Les bouleaux, encore endormis, accrochent les nuages pour s'habiller.

Les promesses en coussins colorés

Les Lorrains reconnaissent les épaisseurs de la pâte de cristal et les rondeurs pansues des coupes de Gallé.

Les poiriers, bénis des dieux. Les premiers à oser ouvrir vers le soleil un œil blanc pur ponctué des minuscules pastilles noires de leur bout d'étamines.

Cette jolie fritillaire meleagris, appelée aussi œuf de pintade, pousse spontanément dans les bas humides. Normalement, elle préfère les prairies. Chez nous, elle a élu domicile et s'y reproduit abondamment dans un petit bosquet. Pour lui ménager des clairières, nous allons souvent élaguer et nettoyer les ronces et autres mangeuses de lumière.

Et puis voilà que le saule se met à mousser. En vert tendre, il colorie le clos et envoie des bigoudis se balader dans tous les sens. A travers les cils de ses branches, on aperçoit la praire et les alignements de poiriers qui attendent sagement la fin de sa métamorphose.